FANTASIA 2010 – Les hommes d’une autre planète

hommesduneautreplanete3Présenté par le directeur de la programmation de la Cinémathèque française, Jean-François Rauger, Les hommes d’une autre planète est une interprétation taïwanaise des films de type Ultraman, avec un doublage français étonnant qui ne fut présenté que très rarement depuis les années 1970.

Des Martiens tentent de capturer une pierre lumineuse cachée dans une grotte pour concevoir un “rayon de la mort” et conquérir la terre. Une statue de temple vivante et un robot américain tenteront de les arrêter…

Il s’agit d’un des films de tokusatsu (ou “effets spéciaux” en japonais, le genre auquel appartient notamment Ultraman) les plus drôles jamais faits. Le roi des Martiens porte une magnifique perruque et un masque robotique. Il se trémousse dans le plus beau style digne d’un chanteur de heavy métal des années 1980. Son premier ministre est un véritable idiot, rappelant le personnage de Ego (Starscream) dans les Transformers. Leurs soldats ressemblent par ailleurs à des lutteurs masqués mexicains. Tout au long du film, il est évident que les divers monstres et extraterrestres sont des hommes costumés; on voit même une fermeture éclair dans le dos de la statue du temple! Le capitaine en charge du centre scientifique et sa copine sont habillés d’un ridicule costume doré à la Flash Gordon et la prestation de l’acteur est digne d’un William Shatner dans le rôle du capitaine Kirk.

Le film démarre avec un générique sans aucun crédit; par conséquent, la projection a été effectuée en incluant le générique thaï et celui de l’Italie. Dans tous les cas, il s’agit de l’affiche filmée en gros plan, zoom compris. La copie du film, fournie par la Cinémathèque française, est du 35 mm (format 2.35:1) avec bien des éraflures à l’écran et indications de changement de bobine, ce qui cadre bien avec le film.

La musique comprend l’intro de Time de Pink Floyd, répétée une demi-douzaine de fois dans le film, ainsi que d’autres morceaux instrumentaux qui rappellent parfois la musique de fond de Goldorak. Lorsque les Martiens attaquent la ville (en plein jour faut-il préciser), il est évident qu’il s’agit d’une maquette en styromousse! Les dialogues français font preuve de créativité en ne respectant pas du tout le scénario d’origine. La réplique la plus mémorable: “Je suis Martien, j’ai une femme et douze enfants!”

Bref, voir un tel film est toute une expérience qui divertit grandement mais qui requiert qu’on laisse son cerveau au vestiaire pour ne pas l’endommager, comme le disait si bien M. Rauger. Malheureusement, il est très peu probable de voir cette version apparaître sur support numérique (tel que DVD ou Blu-ray); par contre, la version italienne, beaucoup plus commune, est sortie sur VHS. En tous les cas, l’expérience a dû être concluante pour la Cinémathèque française, vu la participation enthousiaste des spectateurs.

Voici une séquence du film (en doublage italien), dans laquelle la statue du temple et le cosmonaute américain combattent les Martiens et leurs dinosaures…

Écrit en collaboration avec Eric St-Cyr

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>