Conclusion de Fantasia 2010 (Partie 1 de 2)

Share on TwitterShare on TumblrSubmit to StumbleUponSave on DeliciousShare on Myspace

Fantasia

Première de deux parties de notre conclusion du festival international de films Fantasia 2010 de Montréal. Je (Denis Lalumière de Cinemaniax.Net) reçois Guy Caumartin de LeFrelonVert.Com, Stéphane Colbert de MagicolMedia.Com et Martin Albert du CoinduDVD.Com pour une récapitulation des films visionné durant cet incroyable marathon du cinéma fantastique. Descriptions des titres par le site officiel de FANTASIA.

IP MAN 2. Il a combattu dix opposants en même temps. Maintenant, venez le voir se bagarrer contre environ vingt mecs armés de couteaux. Ip Man est de retour! Il aspire à présent à gagner honnêtement sa vie en dirigeant son école de kung-fu à Hong Kong. Pour y arriver, il doit affronter Maître Hung (Sammo Hung, ENTER THE FAT DRAGON et PROJECT A), un expert du Hung Gar ayant le pouvoir de décider qui pourra ou ne pourra pas ouvrir une école en ville. Pour acquérir ce droit, il faut combattre un adversaire sur une table ronde sans en tomber. Quel style l’emportera? Le Hung Gar (utilisé par le réalisateur primé Lau Kar Leung dans plusieurs classiques du studio Shaw Brothers) ou le Wing Chung (popularisé par Bruce Lee) de Ip Man? De plus, le comportement vertueux d’Ip Man ébranle la conscience de Hung. Par-derrière, ce dernier tente de nourrir sa nombreuse famille et de maintenir l’ordre en recouvrant de l’argent en échange de protection pour le compte d’un officier britannique corrompu. Cet officier planifie de relâcher un champion de boxe raciste, Twister (Darren Shahlavi), au milieu des Chinois, ce qui bouleverserait leur fierté nationale. Quelle discipline dominera? Hong Kong peut-elle faire face à ce triplé de styles de combat?

THE LIFE AND DEATH OF A PORNO GANG (Zivot i smrt porno bande). Serbie, vers la fin des années 1990. Le jeune Marko vit pour le cinéma et tente désespérément de faire un long métrage. Les idées nouvelles abondent, mais le financement dans la Serbie post-Milosevic est une entreprise utopique. Décidé à filmer quoi que ce soit d’intéressant, il s’aventure dans l’univers de la pornographie où obtenir du financement s’avère être un jeu d’enfant et où les profits sont garantis. Il assemble une joyeuse bande de marginaux et entreprend de tourner du porno et d’y canaliser toute sa rage contre une culture qui ne le laisse pas réaliser les films qu’il veut faire. Éventuellement, il amène tout ça à un niveau supérieur en abandonnant ses tournages pour se consacrer à l’élaboration d’un « cabaret porno » ambulant qui sillonnera la campagne serbe pour performer des actes de fornication en direct, dans des cadres extrêmes, en guise de confrontation sexuelle. Ce qui mènera à beaucoup, beaucoup de conflits avec les habitants. Mais les troubles ne sont qu’un hors-d’œuvre et les choses s’enveniment sérieusement lorsque Marko et sa troupe sont approchés par un journaliste étranger louche qui leur fait une offre qu’ils peinent à refuser. Le projet : filmer de vrais meurtres qu’ils commettront de façon théâtrale sur des victimes consentantes ayant perdu le goût de vivre. La récompense : une montagne de pognon.

ALIEN VS NINJA. Peut-être portez-vous toujours de vives plaies émotives provenant de cette fois où, alors que vous étiez encore jeune et innocent, vous avez loué MAFIA VS NINJA, le film hongkongais de combats en pyjama où l’on retrouvait exactement zéro ninja et zéro mafioso sicilien (ce mec appelé Mimo ne compte pas vraiment). Rassurez-vous. Vous pouvez nous faire confiance. Tout ira bien. Dans ALIEN VS NINJA, il y a de la vie extra-terrestre. Il y a aussi des ninjas. Et ils se battent. Beaucoup. D’un autre côté, peut-être avez-vous peur qu’à l’image de ALIEN VS PREDATOR, l’intrigue soit embarrassée d’interminables conversations insipides entre des personnages insignifiants avant de voir une envolée de sandwichs aux jointures humanoïdes. Encore une fois, soyez rassurés. Les êtres humains ordinaires avec leurs espoirs lassants, leurs luttes ennuyeuses et leurs rêves zzzzzzzzzz… bénéficient d’un bien faible pourcentage de la durée du film.

RUBBER. Sous le soleil de plomb de l’Ouest américain, une créature déambule sans but, animée uniquement par un inassouvissable désir de vengeance. Sa famille et ses amis ont été sauvagement massacrés. Le monde entier va payer pour ce crime impardonnable. Rien n’échappera à la rage meurtrière de ce pneu psychopathe qui… hein? Un pneu tueur en série? Tout à fait, vous avez bien lu. Poursuivons. Donc, ce pneu à l’instinct de mort arpente sans relâche le désert de l’Arizona, laissant derrière lui un amoncellement de cadavres réduits en bouillie. Grâce à ces puissants pouvoirs télépathiques, il fait littéralement exploser tout ce qu’il croise, des innocents petits lapins aux malchanceux routards. Ce pneu est en colère, tue sans pitié et rien ne l’apaisera, sauf peut-être cette splendide jeune femme (Roxane Mesquida) de qui il est tombé obsessionnellement amoureux. Il l’a croisée sur la route et depuis, il est envahi par des émotions inconnues. Désormais, ayant enfin trouvé sens à son existence, il suit la belle à son insu, attendant le moment propice pour faire une première approche. Mais les nouveaux sentiments qui l’habitent ne l’ont certainement pas attendri puisqu’il continue de faire éclater la tronche de quiconque se trouvant sur son chemin. Il n’y a, après tout, rien de plus dangereux qu’un pneu meurtrier amoureux.

AT WORLD’S END (Ved verdens ende). En pleine jungle de la Sumatra, un documentariste britannique fait la découverte d’une espèce de fleur jusqu’à présent inconnue, ignore les avertissements des habitants de la région le suppliant de ne pas la toucher et meurt flingué par un « touriste » danois disjoncté s’appelant Severin Gertsen (Nikolaj Coster-Waldau). Gertsen se retrouve alors entre les mains de la police militaire indonésienne qui annonce son exécution. Cette nouvelle fait rapidement le tour de la planète. Arrive Adrian (Nikolaj Lie Kaas de ADAM’S APPLES), un psychologue envoyé par le Ministère danois des affaires étrangères pour évaluer l’état mental du criminel. S’il le déclare fou, il pourra le sauver de la condamnation à mort. Ça ne devrait pas être bien compliqué : Severin possède un passeport imprimé en 1906, mais affirme être né en 1880. Il attribue sa jeunesse et sa vitalité à la consommation de feuilles d’une plante rare qu’il appelle « Hedvig. » Adrian se rend alors à Jakarta avec Beate (Birgitte Hjort Sørensen), sa secrétaire, à ses côtés. Au moment de l’atterrissage, la situation s’est transformée en gigantesque bordel. L’irascible police est soudainement convaincue que Gertsen pourrait dire la vérité et s’avère prête à fendre autant de crânes qu’il faudra pour mettre la main sur Hedvig. Bientôt, tout le monde veut cette fleur et beaucoup trop de gens vont mourir lors de cette quête pour le prolongement de la vie!

FIRST SQUAD: THE MOMENT OF TRUTH (Fâsuto sukuwaddo / Pervyy otryad). «Il faut des morts pour combattre des morts. » 1942, la guerre se frappe à un mur tout au long de la frontière de l’Est. En désespoir, les forces d’Hitler font appel à la division occulte secrète des SS, l’Ahnenerbe, pour ressusciter leurs ancêtres morts et les pousser au combat. S’ils réussissent un tel coup, un massacre est de mise puisque l’armée russe ne pourrait certainement pas se défendre contre cet avènement des morts, non? Cependant, les Allemands ne sont pas les seuls ayant une connaissance des forces occultes. Les Russes et leur 6e division expérimentent dans le domaine et leur plus grand espoir est Nadya, une adolescente aux dons psychiques particuliers. Elle doit être envoyée dans les enfers pour recruter les esprits de ses comparses décédés : les âmes départies de la « First Squad », pour affronter la menace imminente des nazis.

SECRET REUNION (Uihyeongje). L’agent Lee (Song Kang-ho), un homme d’action bourru au cœur tendre, fait partie d’une agence gouvernementale vouée à la capture d’espions nord-coréens. Grâce à un informateur, lui et son équipe sont sur le point de coffrer une grosse pointure communiste, un redoutable assassin aux méthodes brutales nommé Shadow (Jeon Gook-hwan). Ils savent où Shadow s’apprête à aller causer ses méfaits. Au diable les ordres, pas question d’attendre les renforts et de partager la gloire rattachée à une telle prise. Lee et ses hommes foncent. Pendant ce temps, Song (Gang Dong-won), un jeune espion nord-coréen, part en mission avec Shadow. Ils se rendent chez un transfuge pour lui régler son cas. Arrivé sur place, il voit son supérieur abattre froidement les membres de la famille de leur cible. C’est à ce moment que l’équipe de l’agent Lee fait son entrée. C’est le carnage. Les flics tombent comme des mouches et Shadow parvient à filer. Song s’en tire également, mais, soupçonné de trahison, il ne peut retourner chez lui. De son côté, Lee se fait virer de l’agence pour cette opération catastrophique. Six ans plus tard, Lee et Song se retrouvent dans des circonstances des plus surprenantes. Ce qui résultera de cette rencontre le sera encore plus.

LE GRAND CHEF 2: KIMCHI BATTLE (Sik Gaek: Kimchi Jeon Jaeng). On associe souvent le mot « kimchi » au plat composé de chou chinois, d’épices et d’assaisonnements, mais ce n’est que l’une de ses multiples variétés. En République de Corée, le kimchi fait partie de l’identité nationale, mais également des identités locales, car chaque région, chaque ville et même chaque famille concoctent leurs propres variantes. Alors, imaginez ce qui se produit lorsque le premier ministre japonais remet en doute les origines du plat national coréen lors d’un repas avec son homologue de Corée. Des conflits internationaux ont éclaté pour moins que ça… Le président organise un concours culinaire centré sur le kimchi où des chefs cuisiniers des quatre coins de la Corée croiseront le fer. Jang-eun, une chef réputée œuvrant au Japon, décide de retourner chez elle pour y participer. Elle compte profiter de l’occasion pour vendre la maison familiale qui servait autrefois de restaurant. Jang-eun entretient une animosité prononcée envers son pays et ses innombrables traditions qu’elle juge ridicules et dépassées. Cependant, son demi-frère, Sung-chan, un marchand de fruits et légumes capable de déceler les vertus nutritives et médicinales des aliments, s’oppose à la vente. Voyant l’attachement des habitants de la région envers l’endroit où sa mère cuisinait avec cœur, il propose un marché à Jang-eun. Il l’affrontera au tournoi culinaire. S’il gagne, elle devra lui céder les droits sur la maison.

TEARS FOR SALE: DIRECTOR’S CUT (Carlston za Ognjenku). Un village serbe est dévasté par la Première Guerre mondiale. Tous les hommes sont abattus, laissant les femmes comme seules survivantes. La mort semble régner sur tout et la bourgade, autrefois si prospère, est devenue un lieu dominé par la mélancolie et les pierres tombales. Deux soeurs y gagnent leur vie en tant que « pleureuse professionnelle », elles sont payées pour sangloter aux funérailles d’autrui, d’où le titre du film. Lorsqu’elles tuent accidentellement le dernier habitant du village, les autres femmes les obligent à partir pour Belgrade et à revenir avec de la viande mâle fraîche. Déterminées à trouver des hommes à marier, elles enta-ment un voyage en compagnie du fantôme de leur grand-mère. Mais lorsqu’elles dénichent des candidats et les ramènent au bercail, les autres femmes les désirent également. Qui gagnera et que restera-t-il d’elles? Voici un ambitieux régal pour les yeux réalisé avec un budget et une imagerie sans précédent dans le cinéma serbe. Avec un style prononcé, il ressemble à un film de Jeunet, quoique plus sombre et plus érotique. Une splendide reconstitution historique et d’impressionnants costumes donnent naissance à l’environnement fantaisiste d’un conte de fées atypique qui utilise le tragique passé de la Serbie comme décor à une sombre romance. TEARS FOR SALE est typiquement serbe par son hybridation de tragédie et de comédie, de road movie et de fantastique, de mort et de romance, de mythe et de réalité. Il représente une vision nouvelle qui fusionne avec brio le local à l’universel. Le conflit central est également à saveur locale, soit l’opposition entre l’obligation envers la société et le bonheur personnel. Le tout se conclut avec un climax démontrant ce que la Serbie conçoit comme une fin hollywoodienne heureuse (avec combats, hémoglobine, verre cassé et de très grosses explosions).

OUTCAST. Dans un quartier appauvri, Mary (Kate Dickie) et son fils adolescent, Fergal (Niall Bruton), emménagent sous les yeux inquisiteurs du voisinage. Un appartement délabré est leur nouveau logis, mais ça n’a aucune importance puisqu’ils ne restent jamais bien longtemps au même endroit. Fergal a une mère très protectrice qui contrôle ses allées et venues intensivement, ce à quoi le fils est visiblement habitué, obéissant au moindre détail. Ailleurs, Cathal (James Nesbitt) s’adonne à une séance de tatouage particulièrement éprouvante qui l’aidera, avec les pouvoirs anciens s’y rattachant, à démarrer sa chasse et le mettre sur la piste de sa proie. Alors que Fergal fait la rencontre de Petronella (Hanna Stanbridge), une jolie voisine de palier, et que l’amitié se développe rapidement en un coup de foudre, Mary tapisse les murs du nouvel appartement de signes de protection, concoctés en partie de son propre sang lors d’un rituel. De son côté, Cathal, avec l’aide de Liam (Ciaràn McMenamin), poursuit sa chasse à l’homme, une traque aux pratiques magiques, le guidant vers la jeune victime à exécuter. Bien que Mary défende à son fils de fréquenter Petronella, le prévenant du danger que cela comporte, le garçon ne peut s’en empêcher. Seulement, c’est le moindre des soucis alors que quelque chose de beaucoup plus dangereux se cache dans l’ombre, une créature sauvage dévorant brutalement ses victimes, ne laissant que des cadavres sur son chemin…

Play