Conclusion de Fantasia 2010 (Partie 2 de 2)
Deuxième et dernière partie de notre conclusion du festival international de films Fantasia 2010 de Montréal. Je (Denis Lalumière de Cinemaniax.Net) reçois Guy Caumartin de LeFrelonVert.Com, Stéphane Colbert de MagicolMedia.Com et Martin Albert du CoinduDVD.Com pour une récapitulation des films visionné durant cet incroyable marathon du cinéma fantastique. Descriptions des titres par le site officiel de FANTASIA.
GALLANTS (Da Lui Toi). Il est rapide, puissant, invaincu… et il déteste les laiderons. Sa devise : « Si tu te bats, gagne… si tu ne veux pas perdre, ne te bats pas! » Son nom : Maître Law (Teddy Robin). Mais vous, ravissantes demoiselles, appelez-le Ben. Ça, c’était il y a 30 ans. Aujourd’hui, le maître repose dans le coma, entouré du docteur Fun (Susan Shaw), de Kwai, une jeune adepte du kung-fu, de Tiger et Dragon (Bruce Leung and Chen Kuan Tai), deux étudiants en arts martiaux lessivés, et d’un canard préservé depuis 30 ans. Autrefois glorieuse, l’école de kung-fu de Law est maintenant un salon de thé inapte à boucler ses fins de mois. Deux de ses élèves, jadis champions, ne sont même plus capables d’entrainer les jeunes. Des promoteurs immobiliers comptent démolir l’école pour ériger des condos dans ce coin exigu des quartiers déshérités de Hong Kong. Cheung est envoyé pour accélérer le transfert, mais cet incompétent se range du côté des opprimés. Entre temps, Maître Law s’est réveillé dans un lourd état d’amnésie. Heureusement, son kung-fu semble intact, tout comme sa propension à la vulgarité. Parviendra-t-il à fouetter ses anciens acolytes et à remettre ces clodos en forme pour affronter les promoteurs sans scrupules?
SPACE BATTLESHIP YAMATO: RESSURECTION (Uchu senkan Yamato: Fukkatsuhen). Moins de vingt ans après avoir échappé de justesse au déluge d’Aquarius, la Terre est de nouveau menacée d’anéantissement. Un trou noir traverse l’espace et se dirige droit vers le berceau de l’humanité. Il est impossible de détourner un trou noir et la seule option pour la race humaine est de quitter la Terre. Mais un malheur n’arrive jamais seul et la première escadre à se mettre en route pour le système Amare est attaquée par une flotte de vaisseaux non identifiés. Peu après, une seconde escadre d’émigrants est massacrée. C’est à ce moment que le président terrien, Sanada, décide de renvoyer le croiseur interstellaire Yamato en patrouille d’urgence. Le Yamato a été récupéré dans les glaciers d’Aquarius et reconstruit avec de toutes nouvelles technologies. Son ancien commandant est aussitôt rappelé. Susumu Kodai, évidemment, accepte cette mission et prend la tête d’une troisième flotte de réfugiés. Il entend découvrir ce qu’il est advenu de sa femme, Yuki Mori, qui avait le commandement de la première escadre. Il ne reste même pas cent jours avant l’arrivée du trou noir!
THE NEIGHBOR ZOMBIE. Enfin, un vaccin contre le sida est arrivé. Les tests ne sont pas complets? Un simple détail… Il s’agit là d’une découverte beaucoup trop fantastique pour la laisser dormir. Voilà que ce « détail », après quelques mois, déclenche une épidémie monstrueuse qui englobera le monde entier, l’infestant de morts-vivants à l’appétit ravageur. L’apocalypse zombiesque est à nos portes. Mais revenons quelque peu en arrière pour observer le tout à travers quelques-unes des inévitables victimes de cette tragédie. Que se passe-t-il lorsque le virus se développe alors qu’on n’en connait rien et qu’on est seul chez soi à souffrir de symptômes bizarroïdes lors de blessures sanglantes? Sans oublier un certain appétit qui fait surface… Ou si un couple amoureux se voit déchiré par l’apparition de la maladie en l’un d’eux et qu’il n’y a pas que la souffrance intérieure, mais bien le danger de l’extérieur puisqu’il est maintenant permis de tirer à volonté sur les créatures immondes? Si un membre de votre famille devient l’un de ces morts-vivants, jusqu’où iriez-vous pour le nourrir alors que son désir le plus cher est de vous dévorer? Par contre, tout espoir n’est pas perdu puisqu’un nouveau vaccin à la capacité de guérir tous ces maux se développe, mais qui s’en amourachera le premier?… Et si après cette cure et le retour au quotidien, vous étiez hanté par des cauchemars rappelant votre propre carnage et les gens que vous avez dévorés lors de cette frénésie? La survie n’est pas si évident.
CASTAWAY ON THE MOON (Kim Ssi Pyo Ryu Gi). Kim Seong-geun (Jung Jae-young) est perché sur l’un des ponts qui traversent le fleuve Han. Ses dettes sont astronomiques, il a perdu son emploi et sa femme l’a froidement quitté. Plus de raison d’hésiter. Kim saute. Il se réveille sur une île déserte en plein milieu de Séoul. Son portable ne fonctionne plus, les usagers des bateaux taxis qui l’aperçoivent ne prennent pas son désarroi au sérieux et la seule façon de rejoindre la ville implique une odorante baignade dans les eaux polluées du fleuve. Mais Kim ne sait pas nager. Prisonnier de cet environnement surréaliste, où la végétation quasi sauvage parsemée de déchets est surplombée par les innombrables tours d’habitation, il devra apprendre à vivre sans toutes les commodités que la ville lui a toujours fournies. Cependant, une jeune femme (Jung Rye-won) l’observe. Barricadée dans sa chambre depuis des années, elle est ce qu’on appelle une « hikikomori. » Terrorisée par le regard des autres, elle vit à travers l’identité qu’elle s’est créée sur le web. Fascinée par cet extra-terrestre naufragé sur une île au cœur de la ville, elle tentera d’entrer en communication avec lui.
SAVING GRACE. « Et les virevoltants sont venus pour réduire cette ville en poussière. » Cette traduction d’un vers tiré de l’une des chansons de SAVING GRACE dévoile la dimension poétique du film. Il s’agit essentiellement d’une œuvre méditative, un portrait méticuleux de deux personnages tourmentés, Grace, une jeune femme émotionnellement fragile, et un concierge taciturne appelé Clayton. La première fois que Grace croise le regard de Clayton, elle est admise à l’hôpital où il travaille suite à une overdose de drogue. Inconsciente dans son lit, Grace, grâce à une audacieuse ellipse narrative, se réveille dans le sous-sol d’une école abandonnée où réside Clayton. Ce dernier informe Grace que le monde extérieur a été dévasté par une série de bombardements terroristes. L’air est désormais toxique, les survivants imprévisibles et violents, ce qui explique pourquoi il interdit à Grace de quitter son repère humide. Il affirme garder la femme prisonnière pour sa protection. Il est son ange gardien. Du moins, c’est ce qu’il prétend.
THE EXECUTIONER (Jibhaengja). Lors de son tout premier jour en tant que gardien de prison, Jae-kyung (Yoon Kye-sang) ne perd pas de temps pour encaisser ses désillusions. D’emblée, on lui donne l’impression qu’il ne fera pas le poids. Initialement honnête et enthousiaste, le jeune homme apprendra bien assez tôt la cruelle réalité de son nouvel emploi grâce à Jong-ho (Cho Jae-hyun), un gardien vétéran dur et usé, aussi coriace que blasé, qui croit que seule la violence peut dompter de vicieux criminels. Bien qu’ils soient complètement à l’opposé l’un de l’autre, les deux hommes développent graduellement un lien profond. Jong-ho enseigne comment survivre à cette jungle qu’est la prison à son nouveau protégé qui, en retour, se retrouve à prendre sous son aile – dans le monde extérieur – son solitaire ainé, l’aidant à améliorer ses habiletés sociales. Ils voient leur univers chavirer à l’arrivée d’un tueur en série dont les odieux crimes choquèrent la nation. L’indignation publique est si grande que le gouvernement a décidé de réinstaurer la peine de mort et d’exécuter un groupe de prisonniers. Lorsque les deux gardiens et un de leurs collègues sont choisis pour appliquer la sentence, leurs vies seront à jamais changées.
RAGING PHOENIX (Deu suay doo). Dans RAGING PHOENIX, Yanin incarne Deu, une jeune femme rageuse et centrée sur elle-même issue d’un milieu privilégié où elle fut sans doute trop choyée. Mais Deu se fout pas mal de ce qu’elle a, elle ne se soucie que de celui qu’elle a perdu : son père adoré. Depuis sa mort inattendue, elle s’est pleurniché un chemin dans la vie, jouant de la batterie dans un groupe minable qui « œuvrait » dans les bars où elle consommait beaucoup trop d’alcool. Dans sa quête d’un nouvel amour paternel, elle n’a cessé de fréquenter de mauvais candidats. Deu rencontre enfin un bon mec lorsque Sanim (le spécialiste des arts martiaux franco-vietnamien Kazu Tang) et sa bande de « B-Boys », surnommés avec raffinement Pig Shit, Dog Shit et Bull Shit, la tirent des griffes d’un gang de trafiquants d’êtres humains, le même qui avait enlevé la fiancée de Sanim quelques années auparavant. Malheureusement pour Deu, Sanim n’a aucun intérêt amoureux pour elle (en fait pour aucune autre femme que celle qu’il a perdue), mais pour prouver sa valeur et ainsi, qui sait, peut-être gagner son amour, Deu apprend les rudiments du « drunken muay thai » avec les frères Shit et tente elle-même de faire tomber le gang de trafiquants.
[∙Rec] 2. En 2007, Jaume Balagueró et Paco Plaza ont créé le monstre [REC]. Grâce à une intensité rarement égalée et une connaissance quasi mathématique des mécanismes du cinéma d’horreur, ils ont transformé une recette éprouvée en classique instantané. Même les cinéphiles les plus blasés sortaient des projections de cet autre docu-fiction filmé en plan subjectif avec les jambes molles et les cordes vocales usées. Certes, le tandem espagnol n’avait rien réinventé avec ce huis clos peuplé de zombis hystériques, mais on en redemandait. Tous ceux qui ont vécu les visionnements endiablés et bruyants de [REC] à Fantasia 2008 s’en rappellent et attendent ce moment depuis deux ans. Mesdames. Messieurs. [REC] 2 est à nos portes! L’action reprend exactement là où nous l’avions laissée à la fin du premier opus. Au moment où la journaliste Ángela Vidal (Manuela Velasco) se fait prendre par la Niña Medeiros (Javier Botet), une unité de l’escouade tactique de la police barcelonaise s’apprête à pénétrer dans l’horrible édifice mis en quarantaine pour les raisons que vous connaissez. Ils accompagnent le docteur Owens (Jonathan Mellor) qui doit retrouver une fiole contenant le sang de l’horrifiante créature responsable de la propagation du virus ayant contaminé les occupants de l’immeuble. Tant qu’ils ne recouvreront pas le Précieux Sang capable de mettre fin à l’épidémie, ils devront en découdre avec les infectés. Ils n’ont pas intérêt à perdre de temps. Ils se dirigent directement… au penthouse!
LA MEUTE (The Pack). Les routes de campagne où l’on ne croise que des individus peu fréquentables sont loin d’impressionner Charlotte (Émilie Dequenne), une jeune femme en escapade. C’est une dure à cuire et elle ne craint rien. Suite à quelques embrouilles avec des motards aux manières discutables, elle fait la rencontre de Max, un autostoppeur, qui, à défaut d’inspirer confiance, lui apporte un peu de compagnie. En cours de route, les deux voyageurs s’arrêtent à la Spack, une halte routière délabrée tenue par une bonne femme aux nerfs solides (Yolande Moreau) ayant prêté son nom au restaurant. Leur pause n’est pas de tout repos. Charlotte retrouve les menaçants motards qui sont rapidement chassés par la propriétaire de l’établissement et, quelques instants plus tard, Max s’évapore mystérieusement après être allé aux toilettes. Persuadée que son compagnon de fortune ne l’a pas abandonnée, la jeune femme décide de partir à sa recherche en retournant, une fois la nuit tombée, sur les lieux de sa disparition. Rapidement, Charlotte se retrouve ligotée et enfermée dans une cage, prisonnière de la Spack qui voit en elle le prochain repas de sa progéniture, une meute de monstrueuses goules cannibales!
THE LAST EXORCISM. Le révérend Cotton Marcus (Patrick Fabian) a fait une carrière en séparant les fidèles de leur argent dûment gagné grâce à sa réputation d’être l’un des derniers prédicateurs américains capables d’accomplir un exorcisme. Des exorcismes truqués, bien sûr, mais des exorcismes quand même. Si les maniaques religieux faisant appel à ses services se sentent mieux après avoir rempli ses poches de fric, où est le problème? Que le révérend possède ou non une âme demeure matière à débat, même pour lui-même, mais après plusieurs années, sa conscience a pris le dessus et maintenant, il est prêt à abandonner toute supercherie. Aujourd’hui, il se dirige vers une ferme de la Louisiane pour exécuter un dernier exorcisme qu’il fera devant la caméra d’une petite équipe de documentaristes, l’occasion idéale pour enfin faire la confession qui apportera un terme à un chapitre de sa vie. La ferme en question appartient à Louis Sweetzer (Louis Herthum), un fondamentaliste loyal convaincu que sa fille Nell (Ashley Bell) est possédée du démon. Cotton s’attend à ce que l’affaire soit conclue rapidement. Une petite performance avec sa Bible et hop, on rentre à la maison. Il n’a aucune idée à quel point il se trompe. Le révérend Cotton devra reconsidérer tout ce qu’il croyait savoir sur la vie, la mort, la foi et Dieu. Et surtout, sur le Diable.
CENTURION. Situé durant la conquête romaine du territoire britannique au 2e siècle, ce film de Neil Marshall est un bain de sang musclé en temps de guerre qui frappe comme une masse. L’enfer se déploie lorsque le centurion romain Quintus Dias (Michael Fassbender) mène ses soldats vers un raid visant le camp d’une tribu picte où un général (Dominic West) est retenu captif. Durant l’affrontement, le fils du chef picte est massacré, entrainant des conséquences d’une sévérité inimaginable pour les Romains. Des moments terrifiants déferleront sur eux alors qu’une armée acharnée de guerriers pictes, munis de lames, d’arcs, de feu et même de leurs dents, les traquera dans tous les recoins d’une forêt écossaise brumeuse. Décimés au point qu’il ne reste plus que sept d’entre eux, ces soldats habituellement intrépides, représentants de la plus puissante armée du monde, se retrouvent impuissants et horrifiés, combattant pour sauver leur peau contre des assaillants vicieux et implacables.
THE HUMAN CENTIPEDE: FIRST SEQUENCE. La situation est familière. Lindsay et Jenny, deux jeunes touristes américaines parties à la conquête de l’Allemagne, se retrouvent une nuit avec un pneu crevé sur le bord d’une route de campagne bordant une inquiétante forêt. Après un échange brusque avec un camionneur pervers, elles décident de partir à la recherche de secours en s’enfonçant dans l’obscur boisé. Aucun maniaque à la scie en vue, seulement une maison qui serait parfaitement normale si elle ne se trouvait pas au milieu de nulle part. Vous avez vu suffisamment de films d’horreur pour savoir que cogner à la porte de cette résidence n’est pas une très bonne idée. Ce n’est pas le cas de nos deux héroïnes qui se voient accueillies par Dr Heiter, un sinistre personnage qui, quelques décennies plus tôt, aurait sans aucun doute été employé par un laboratoire nazi. Encore une fois, vous savez qu’il faut se méfier de pareil homme au regard hypnotisant. Jamais vous ne boiriez une goutte du verre d’eau qu’il vous offre et, dès que possible, vous prendriez vos jambes à votre cou. Hélas pour elles, Lindsay et Jenny n’ont pas compris qu’il est primordial de regarder du cinéma d’horreur avant de partir en voyage. Elles tombent à la merci du bon docteur. Ce dernier, vous l’avez deviné, a besoin des deux femmes pour s’adonner à une expérience scientifique particulière. Rien n’a pu vous préparer à ce en quoi consiste ce projet. Spécialiste de la séparation de frères siamois, Dr Heiter désire depuis longtemps inverser ce type d’opération et créer de nouvelles créatures. Lindsay et Jenny arrivent au bon moment. Elles permettront au savant fou de créer du jamais vu : le tout premier mille-pattes humain.
METROPOLIS: RESTORED ORIGINAL CUT. Il est impossible de surestimer l’impact qu’a eu le chef-d’œuvre expressionniste de science-fiction de Fritz Lang lorsqu’il fut dévoilé au public de 1927. Véritable pivot historique, son influence a eu une portée allant bien au-delà des fron-tières du cinéma, ouvrant à toutes les formes d’art, de la musique au jeu vidéo, en passant par l’architecture, les portes de la culture moderne. Il est également un pionnier en codifiant le discours politique audacieux des grands films du cinéma de genre. Étonnamment, METROPOLIS ne dégage pas une impression de familiarité comme le font certains classiques visionnés plusieurs décennies après leur production. Il a tout conservé de cette puissance indéniablement alchimique qui frôle le narcotisme. Voici une œuvre aux ambitions gargantuesques qui réussit à tous les niveaux concevables. Encore aujourd’hui, l’ampleur de sa vision et de ses décors fait passer le plus grand film de Terry Gilliam pour un film minimaliste. De la direction photo de Karl Freund, qui travailla plus tard sur des classiques comme KEY LARGO et DRACULA de Tod Browning, à la distribution de 36 000 comédiens, sans oublier l’inimitable scénographie de l’expressionnisme allemand, METROPOLIS est une merveille visuelle qui défie le passage du temps. Pour tous ceux ne croyant pas au pouvoir du cinéma muet, vous savez qui vous êtes, voici le film qui vous convertira.
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